En suivant mes dernières publications, tu as compris que j’avais enfin réalisé mon rêve de partir au Japon. C’était un rêve qui me tenait à cœur depuis de longues années et ça y est : il s’est réalisé!!! Mais non sans mal ni remise en question… Et c’est bien le sujet de cet article : le retour sur nos décisions qui nous ont amené à partir au Japon avec notre enfant de 4 ans 1/2 et leurs impacts sur le voyage.

Partir au Japon avec son enfant de 4 ans 1/2

Quand j’étais au collège, je rêvais plutôt de visiter les States pour savoir si c’étaient comme dans les séries TV et les films de l’époque. Puis j’ai découvert le monde des mangas et des films d’animation japonais au lycée. C’est là que je me suis intéressée peu à peu à la culture japonais et que c’est devenu mon rêve d’aller au Pays du Soleil Levant. Bon, mon talent pour les langues étrangères m’a vite découragé pour l’apprentissage du japonais, heureusement que la traduction automatique a été inventée depuis!

Un rêve

Jusqu’à ce début d’année, je définissais le mot « rêve » comme un fantasme auquel on pense quand on souhaite tout simplement « être ailleurs ». Je n’avais pas pensé à ce que cela impliquerai de tout mettre en oeuvre pour réaliser son rêve. Et c’est une personne qui m’a expliqué en ce début d’année « qu’un fantasme est fait pour rester dans la tête , un rêve est là pour être réalisé ».

Pourquoi en 2017?

Tu dois te demander ce qui m’a fait basculé du rêve à la réalité. En bien plein de petites choses du quotidien :

  • J’avais 33 ans (l’âge du Christ ^-^), une petite famille, une maison, un boulot : bref tout le confort qu’on puisse souhaiter…
  • J’en avais marre que toutes nos économies partent dans les travaux de la maison alors des amis partaient déjà à l’autre bout du monde.
  • Et je connais des jeunes femmes qui ont eu subitement des maladies très graves, avec des séquelles lourdes. Et c’est là qu’on se dit qu’il vaut mieux en profiter maintenant on ne sait jamais…

C’est donc en janvier 2017 que j’ai regardé mon Homme droit dans les yeux en lui disant : « Et si l’argent du crédit d’impôt [suite aux travaux de rénovation énergétique] on l’utilisait pour partir au Japon? »

Voilà tu connais le contexte!

Les questions existentielles

Ce qu’il faut savoir c’est qu’avec mon Homme, nous ne prenons que très rarement des décisions aussi importantes sur un coup de tête. Et encore moins quand il s’agit de réaliser un rêve! Tu comprendras donc que s’en est suivi un foule de questions existentielles tout au long du mois de janvier.  Voici ce que ça donne :

T’imagine bien que pour chacune de ces étapes, nous avons passé de longues heures sur internet et en discussion pour peser le pour et le contre et arriver à ces conclusions.

Beaucoup de personnes de notre entourage ont été étonnées de notre décision de partir avec notre Petit Bout de Chou de 4 ans 1/2. Et les commentaires du genre « Quand il sera plus grand, il ne s’en souviendra pas » ont été de la partie. J’avoue avoir doutée un peu (quel parent ne doute pas?). Mais je trouvais plus bizarre de préparer un voyage de rêve et d’expliquer à mon enfant qu’il ne viendrai pas car c’est bête de lui payer sa place pour qu’il n’en garder aucun souvenir. En allant plus loin je dirai même « à quoi bon faire des activités avec des enfants de moins de 5 ans? Ils n’en garderont pas souvenir une fois adultes! ». En parlant à deux, puis en demandant au Petit Bout de Chou, tout le monde était d’accord pour partir en famille. C’est donc autour de ce choix que c’est organisé notre périple!

Et puis le Japon est l’un des pays les plus sûrs au monde! Qu’est ce qui pourrait nous arriver?

Les réservations

Même si j’avais déjà franchi quelques fois les frontières de la France, je n’ai jamais vraiment organisé de voyage moi-même. Et mon Homme, non plus. La décision de partir avec notre Petit Bout de Chou nous a fait choisir la sécurité : les réservations de transport et d’hébergements par une agence de voyage.

Avec le recul nous savons que nous aurions pu faire des économies en prenant un peu de temps et en réservant en direct sur internet. En effet les agences de voyages sont intéressantes financièrement pour des voyages organisés avec un circuit dans tout le pays. Mais nous souhaitions un pied-à-terre directement à Tokyo, puis Kyoto pour retrouver du calme en fin de journée. Les appartements de Vivre  le Japon ont été parfait pour cela!

Vue de notre appartement à Ikebukuro - Tokyo.
Vue de notre appartement à Ikebukuro – Tokyo.

Les préparatifs

Nous avons eu plusieurs mois pour nous préparer à cette grande aventure. Bien évidement nous en parlions souvent à table et le Petit Bout de Chou commençait à languir d’y aller.

Planning

Pour la préparation des visites et des points d’intérêts sur place nous avons choisi d’utiliser l’application My Maps de Google. Nous y notions tous les points d’intérêts (gares, musées, hébergement, magasins…) au fur et à mesure de nos recherches sur internet. Juste avant de partir, nous avons regardé les quartiers où ils y avaient le plus de points d’intérêts où tout le monde s’y retrouvait en terme d’activité pour programmer les journées. Nous avons également téléchargé quelques applications pour les transports et la traduction pour être plus autonomes sur place.

Trajet

Notre Petit Bout de Chou est très sociable et aime les transports en commun. Il a donc vite aimé l’idée de prendre l’avion mais surtout le train, le métro et le bus. Pour lui un trajet en bus vaut comme un tour de manège! Il n’y a donc pas eu d’angoisse de départ… par contre on avait juste oublié de lui dire qu’on ne partait que 2 semaines… C’est quand il a expliqué à son Papy qu’ils ne pourraient plus se voir car il serait au Japon qu’on s’en est aperçu (oups!). La prochaine fois il faudra préciser la date de début et de fin du voyage rapidement! Nous lui avons aussi expliqué que nous allons découvrir pleins de nouvelles choses que nous n’avions jamais vu.

Notre moyen de transport principale sur place : le train.
Notre moyen de transport principale sur place : le train.

Ecole

Même si nous connaissions nos dates de voyage assez tôt, nous avons préféré attendre la rentrée scolaire pour signaler l’absence du Bout de Chou pendant 2 semaines. A la rentrée nous avons eu le droit, lors du discours aux parents, aux rappels « qu’un voyage hors vacances scolaires n’est pas une justification valable pour une absence » et « qu’une fois que l’enfant est inscrit à l’école, il est obligé d’être présent sauf justification valable (maladie…) ». Mais c’est pas en moyenne section de maternelle que 2 semaines d’absence vont mettre son parcours scolaire en danger! Bref Tu comprendra que nous n’étions pas très fiers d’aller voir sa maîtresse pour lui expliquer notre choix. Finalement la maîtresse n’a rien trouvé à redire et a souhaité à notre Bout de Chou que cela lui soit profitable. Dans sa classe, ils ont même reparlé de son expérience ensemble.

Pas sans mal…

Pendant ces quelques mois de préparation, je suis allée 3 fois chez l’ostéopathe! A chaque décision importante (réservations, décisions des dates,…) je me bloquais le dos. Mon ostéo m’a même demandé pourquoi le Japon, et pas une autre destination, si c’était pour me mettre dans un état pareil! A mon retour j’ai eu la réponse : l’important n’est pas la destination mais le voyage!

Belle transition 😉

Le voyage

Je ne vais pas te raconter tout notre voyage ici! Cela nécessiterai un carnet de voyage et ce n’est pas le propos de cet article. C’était un voyage extraordinaire et dense dans tous les sens des termes! J’y ai appris comment réaliser ses rêves et affronter la peur de l’inconnu. Et les Japonnais sont tellement serviables que cela en devient facile et évident.

Je vais plutôt te parler comment la venue de notre Petit Bout de Chou a impacté notre expérience.

Transport

Même si le Bout de Chou adore les transports, il faut quand même l’occuper au bout d’un moment. C’est là que le trajet devient plus long dans le tête des parents. Heureusement qu’il y a des tablettes dans les avions pour les vols de 12h, ça sauve la santé mentale des passagers et des parents! Et merci aux hôtesses de donner de quoi s’occuper ou des petits chocolats 😉 Il a fallu apprendre à lâcher un peu de leste pour ne pas toujours lui dire « Touche pas à ça! Fait pas ci! … »

La nourriture

Le Petit Bout de Chou est dans sa période « je ne connais pas donc j’aime pas! ». Il a donc été difficile de lui faire manger des choses un peu exotique. Nous avons donc choisi la plupart du temps des restaurants ou des plats qu’il pouvait manger. Adieux poisson cru, algues fraîches, choses non identifiables… Et même comme ça, il préférait manger du riz… mais il est super bon au Japon 😉

Langues étrangères

Il a été difficile pour le Bout de Chou d’intégrer que les japonais ne comprenaient pas notre langue, surtout qu’il est une vrai pipelette! Mais il a fait l’effort, comme nous, d’apprendre à dire Konnichiwa (bonjour) et arigato gozaimasu (merci). Les japonaises adorent! Et sur place nous avons pu facilement échangé en anglais et en langage des « signes » (la version officieuse : très pratique et universelle!). Le plus dure a été dans les aéroports allemand pendant les escales : on ne savait plus quelle langue utiliser et dans quelle langue on nous parlait.

Le décalage horaire

Je ne savais pas vraiment comment gérer un tel décalage (8h entre le France et le Japon) et finalement le trajet en avion a été une bonne transition. Il nous a fallu à tous les trois quelques jours pour nous y faire (dans un sens comme dans l’autre) mais en se forçant un peu à respecter les heures de repas les premiers jours, nous n’avons pas trop eu de mal.

Les longues journées

C’est peut-être le plus difficile pour un Petit Bout de Chou de 4 ans 1/2! Depuis la rentrée en moyenne section il ne fait plus la sieste à l’école, mais à la maison elle reste fréquente. Sauf qu’on ne va pas à l’autre bout du monde pour faire la sieste. Et notre Bout de Chou n’est pas du genre à s’endormir n’importe où… C’est à notre grande surprise qu’il s’endormait dans nos bras en fin de journée sur le trajet de retour à l’hébergement. Il marchait bien la journée même si c’était difficile pour lui de se plier à la rigueur du sens de circulation des japonais et à la foule constante. Par contre nous ne pouvions pas nous attardez trop longtemps en soirée dans des quartiers éloignés sous peine de porter le Bout de Chou en plus du sac à dos!

Foule au Zoo d'Ueno - C'était la journée gratuite pour tous! On l'a découvert sur place...
Foule au Zoo d’Ueno – C’était la journée gratuite pour tous! On l’a découvert sur place…

Des endroits pas toujours pour la famille…

Il n’y a pas beaucoup de témoignages sur ce sujet. En préparant notre voyage nous avions vu les quartiers à visiter absolument, surtout pour les geeks : Shinzuku, Akihabara, Shibuya… Mais ce qu’on ne dit pas c’est qu’au Japon il n’y a pas de bancs dans les rues (seulement dans les parcs et les entrées de temple). Lorsque tu veux t’asseoir 5 minutes pour chercher ta bouteille d’eau au fond du sac ou regarder la carte, ben… Tu ne peux pas! Devant certainement boutiques il y a même la diffusion d’un bruit sourd qui donne mal à la tête quand tu y restes trop longtemps. Pour se poser il faut trouver une place dans un café ou un restaurant et autant de dire que selon l’heure : y a plus de place! Dans des boutiques d’Akihabara nous avons compris par le regard des clients que les enfants n’avaient pas vraiment leur place, d’ailleurs il n’y avait pas d’enfants japonais de son âge avec leurs parents dans cette zone. De même nous avons trouvé très peu de parcs pour enfants à Tokyo comme à Kyoto près des zones touristiques, ce n’était donc pas évident de trouver des endroits pour que le Petit Bout se défoule. Enfin le soir, même dans notre quartier d’Ikebokuro, les enseignes de Love Hotel s’allumaient et des jeunes filles rabattaient le client dans la rue. Quand t’es jeune tu ne comprends pas ce que fait la dame, mais ça nous faisait bizarre quand même. Nous en avons conclu que la société japonaise et les quartiers de Tokyo étaient plus cloisonnés que les nôtres en fonction de l’activité : loisirs, travail, habitation, famille…

Shinjuku : une super ambiance le soir... seulement entre amis!
Shinjuku : une super ambiance le soir… seulement entre amis!

La bienveillance des japonais

Même dans les endroits moins adaptés à l’enfant, les japonais ont toujours été bienveillants! Pour exemple nous avons perdu 2 fois Doudou Dragon (une fois c’était trop facile!), et bien nous l’avons toujours retrouvé. Il était mis soigneusement de côté par le personnel (soit du magasin soit du château impérial) en attendant qu’on revienne le chercher.

Nous nous sommes toujours sentis en sécurité, même en soirée et dans les transports. C’est très confortable pour l’esprit de ne pas avoir à prévenir  d’éventuelles agressions (vol à la tire, insultes…). Le retour en Europe nous a vite fait reprendre le bon vieux réflexe de toujours garder les bagages en visuel.

 Le bilan

POSITIF POUR TOUT LE MONDE!

Et même pour notre Petit Bout de Chou de 4 ans 1/2 c’était une expérience inoubliable! Cela fait maintenant 1 mois et demi que nous sommes revenus et il me dit parfois « qu’il s’ennuie du Japon » et qu’il veut déjà y retourner. C’est pas qu’on soit contre mais « il faut travailler un peu pour reprendre l’avion, ça coûte cher ».

Découverte d'un petit temple dans la roche - Kyoto.
Découverte d’un petit temple dans la roche – Kyoto.

Certes il n’a pas tout compris : les concepts de frontières et pays, la différence des distances parcourues en avion et en train, pourquoi des langues différentes… Mais nous avons découvert qu’un enfant sait s’adapter facilement à un nouvel environnement quand il est bien entouré, qu’il est curieux et sans jugement face à la nouveauté. Il m’a montré qu’il fallait prendre les choses comme elles venaient et ne pas chercher à tout programmer (car non, nous n’avons pas vu tout ce que nous avions pointé sur My Maps). C’était un voyage riche en expérience et en apprentissage des uns et des autres.

Si tu te poses toi aussi la question de partir avec ton enfant en voyage, je n’ai pas de réponse toute faite. Cela dépend de beaucoup de choses : de toi, de la destination, de ton enfant et de la relation que tu as avec lui, des opportunités… Il faut lui en parler et lui demander ce qu’il en pense, surtout à 4 ans 1/2 un enfant sait ce qu’il veut ou non!