Te souviens tu de la dernière fois… ? La dernière fois que tu as voulu faire quelque chose avant d’y renoncer… par peur…

Mais peur de quoi ? Et pourquoi ?

Aujourd’hui j’ai envie de te parler de tout ce que nous faisons grâce à la peur, avec la peur. Quand, après coup, on se dit : « c’était pas si TERRIBLE que ça ! », « le résultat est fantastique ! », ou encore « fallait juste oser… » 

Oui, j’ai peur !

Je n’ai plus pas honte de le dire : j’ai peur, souvent, plusieurs fois par jours.

J’ai peur pour des centaines de choses et des centaines de raisons. Et ça dès le matin : « est ce que cette tenue est appropriée ? », « est ce que mon thé n’est pas trop chaud ? », « est ce que je peux faire les soldes ? »… Toutes ces questions font écho à la peur d’être jugée, la peur de se faire mal, ou encore la peur de l’insécurité (ici, financière).

Pourquoi ?

Je pense que tout le monde connait la peur, ce n’est pas une question de sexe (homme/femme), ni d’âge.

De part mon expérience, la peur me vient de mon éducation, mes propres croyances, mon entourage, mes expériences malheureuses et mon vécu. Ainsi j’ai appris à faire attention au regard des autres (« non, mais t’as vu comme t’es habillée ? ce n’est pas convenable ! »), je n’aime pas avoir mal (« mieux vaut attendre que ça refroidisse… même si c’est froid, ce n’est pas grave… ») et j’ai toujours une réserve d’avance au cas où (« t’as pas d’argent de côté pour réparer ta voiture , impensable ? »).

Et alors !

Ces peurs ne m’empêchent pas de vivre ma vie. Au pire, elles ralentissent l’arrivée de certains événements, comme pour mieux les préparer.

Je veux te parler de cela, sur ce blog, car dans la vie comme dans le monde créatif, nous sommes angoissés. Bizarrement nous n’apprenons pas toujours quoi faire de cette émotion. Les loisirs créatifs et l’art journal m’ont beaucoup aidé à les identifier.

Dialogue avec mes peurs

La peur peut nous faire faire d’horribles choses, comme rejeter les autres, nous détester, faire mal à l’autre, etc… Il serait dommage d’attendre d’arriver dans ces extrèmes pour ouvrir un dialogue intérieur.

Prendre conscience

C’est le moment où tu identifies vraiment que tu as PEUR (oui, c’est flagrant !)

Il n’est pas nécessaire que ce soit une peur phobique du genre « faire un malaise quand on voit une araignée ». Je pense plutôt au moment d’inconfort que l’on ressent quand on pense / fait quelque chose.

Cela me rappelle une des premières crops (atelier en réunion de scrapbooking) à laquelle j’ai assisté : il nous fallait coller des vieilles pages de livre pour faire un fond de page. Mes yeux se sont alors écarquillés quand j’ai vu l’animatrice déchirer un livre… la peur de casser, détériorer ! Et oui, tout ma vie, on m’avait répété de « ne pas déchirer les livres – respecter les objets – ne pas casser ». Finalement mon tour est venu de déchirer une page… Et tu sais quoi : le ciel ne s’est pas écroulé, la terre à continuer de tourner ! « Finalement ce n’était pas si monstrueux ! »

Et j’ai appris que ce genre de livre finissait au recyclage car même les bibliothèques ne les prennent plus. Finalement mon geste lui donnait une seconde vie.

C’est comme ça qu’une des premières fissures est apparue dans mon système de croyance et d’apprentissage.

Tendre l’oreille

Certains te diront qu’il ne faut pas écouter ses peurs. D’autres, qu’il faut les laisser dans un coin sans s’en préoccuper.

J’ai essayé les deux  :

  • quand je ne l’écoute pas, je fais n’importe quoi ! Va boire ta tisane fraîchement servie à 100°C… pas peur de te brûler ?!
  • quand je la laisse dans un coin, elle se tapit dans l’ombre de l’angoisse. Et là c’est un interminable moment d’indécision qui commence : « je fais comme ça ou comme si ? Et si j’attends est-ce que ça va changer ? »… Et ça peut durer une vie entière !

J’ai donc pris le partie des les identifier et d’entendre ce qu’elles ont à me dire.

Peur de la solitude, d’être rejetée, d’être jugée, de ne pas savoir, d’être ridicule, de me faire mal, d’étouffer, etc…

A chaque instant, la peur me parle. Pendant que j’écris ces lignes, je me demande si mon texte sera apprécié, si j’en aurais de la reconnaissance ou au contraire si on ne va pas me traiter d’imposteur… Mais cela ne m’empêchera pas de publier cet article 😉

J’ai décidé de transformer ma peur !

Dis comme ça, ça paraît facile… Mais ce n’est pas mon intention.

Stephen

Tout d’abord ce n’est pas parce que je laisse de l’espace à Stephen que je me plie à sa volonté. Oui, j’ai personnifié ma peur ! Stephen fait référence au célèbre auteur de livres d’horreur Stephen King.

Il parait que c’est plus simple d’appréhender un concept quand on le personnifie. D’ailleurs tu connais peut-être déjà Maurice, le syndrome de l’imposteur.

Je t’invite donc à donner toi aussi un petit nom à cette voix dans ta tête qui te mets toujours le doute, qui te dresse un scénario de film d’horreur / catastrophe à chaque fois que tu mets le pied dehors ou que tu entreprends quelque chose.

Il te paraîtra ainsi plus « normal » de dialoguer avec ta peur.

C’est comme ça que j’arrive à calmer Stephen quand il me voit déchirer un papier, ou tenter une nouvelle expérience.

La peur est un moteur

J’ai souvent entendu qu’on pouvait transformer sa colère. En effet sous le coup de la colère : des lois sont votés, la solidarité peut s’installer, et les mauvaises habitudes peuvent être abandonnées.

Mais j’ai découvert que Stephen pouvait aussi m’aider. Car la peur est bien là pour nous aider, elle fait partie de notre instinct de conservation.

Ainsi quand j’ai pris la décision de quitter mon boulot (un CDI avec 13 ans d’anciennetés) pour être auto-entrepreneuse mes tripes se sont tordues dans tous les sens. Stephen me disait que c’était stupide de renoncer à une situation stable, un boulot tranquille (même si je marche sur la tête…), la sécurité d’un salaire qui tombe chaque mois même en cas de maladie, une bonne mutuelle et le pompon : une bonne retraite (enfin dans plus de 30 ans, si le système de retraite existe toujours et si je suis toujours là pour en profiter…). Et bien, cela va peut-être t’étonner mais Stephen a raison !

Il est tout à fait normal de rechercher la sécurité et la stabilité. Et c’est en discutant avec Stephen que j’ai quand même décidé de me lancer dans mon projet de reconversion. Stephen m’aide à « assurer mes arrières » ! J’ai donc réfléchis à un plan B si mon projet ne fonctionne pas, je ne suis renseignée pour conserver une bonne mutuelle, et je garde en tête de provisionner de l’argent pour mes vieux jours ou en cas de coup dur.

En quoi est-ce un moteur ?

Une fois que mes doutes sont pris en charges, j’ai l’esprit plus serein pour gérer mon projet et aller de l’avant. Le monde des possibles devient plus vaste et cela me permet d’aller plus loin.

Ma reconversion étant toujours en cours, je ne sais pas encore jusqu’où j’irai mais une chose est sûr : Stephen ne m’embête plus sur ce sujet 😉

Le magicien des peurs

En préparant cet article, je suis tombée sur un conte fantastique « Le magicien des peurs : un conte pour transformer la peur en désir ». C’est une autre façon de changer cette émotion en quelque chose de positif.

Ainsi si j’ai peur de rater / d’échouer un dessin par exemple, c’est que j’ai le désir de bien faire / de dessiner quelque chose de ressemblant.

Cela donne plus d’importance à la volonté de vivre ses désirs qu’à la névrose de vivre dans sa crainte.

Je ne peux que t’inviter à lire ce conte pour en comprendre les subtilités.

Merci à Stephen !

Grâce à mes peurs, je suis devenue La Femme qui écrit ces lignes en cet instant.

Je suis heureuse d’être qui je suis :  une personne déterminée mais qui a conscience de ne pas tout savoir, qui est capable de beaucoup de choses mais qui sait qu’elle n’est pas seule pour cela, et qui apprend encore chaque jour à faire confiance en la vie.

Stephen m’a fait prendre conscience de ma zone de confort. Et si je ne veux pas me sentir à l’étroit, et étouffer, je discute avec lui pour agrandir cette zone.

Ainsi, je suis devenue plus spontanée dans ma relation avec les autres. Quand j’étais ado, je devenais rouge écrevisse lorsque je prenais la parole et je ne te raconte même pas quand c’était en public. Arrivée en BTS, alors que je ne connaissais personne (et que personne ne connaissait personne), j’ai dit à Stephen que j’en avais marre d’avoir peur d’être jugée ou d’être rejetée. J’ai décidé que « je n’avais rien à perdre » à aller vers les autres et qu’au pire je ne les côtoierais que 2 ans. Finalement j’ai eu une super vie d’étudiante et les quelques fois où je parais encore ridicule sont vite oubliés !

« Le ridicule ne tue pas. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Donc le ridicule nous rend plus fort. »

Marcus

J’ai également choisis de partager une partie de ma vie sur internet (son aspect créatif) malgré « les dangers du vol d’identité et d’intrusion dans la vie privée ». Pour cela j’ai rassuré Stephen en lui expliquant les limites de ce partage (car non, je ne participerai pas à une télé réalité !). Et je fais de formidables rencontres !

J’ai plein d’exemples du quotidien dans le même genre : « oser demander de l’aide à quelqu’un, oser voir plus grand / plus loin, essayer de nouvelles expériences, faire preuve de curiosité… ». Mes carnets créatifs m’aident à sortir et coucher sur papier mes désirs, mes peurs et à pouvoir les observer comme pour mieux les transformer.

Stephen a toujours sa place et m’empêche de faire n’importe quoi n’importe comment. Il lui arrive de me ralentir et de me faire douter mais ça ne dure qu’un temps… le temps d’une discussion…

Que fais-tu avec tes peurs ?

Cet article est très personnel et ce que je viens de te confier fonctionne pour moi, mais je ne sais pas si cela peut fonctionner pour d’autres.

Comment gères tu ta peur ? Quel nom lui as tu trouvé ? Et que désires tu le plus au monde (clin d’œil à la série « Lucifer ») ?

C’est à toi de trouver les réponses…

« Faites chaque jour quelque chose qui vous effraie. »

Eleonor Rooswelt

Si tu désires prendre de temps pour toi, faire de ton mieux et de créer un carnet créatif, je t’invite à t’inscrire à la newsletter et recevoir gratuitement un atelier de 5 jours pour débuter un carnet créatif et trouver ton style 😉

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