Et oui il faut savoir oser! Voir grand! Et surtout ne pas avoir d’a priori : les grandes toiles ne sont pas que pour les grands maîtres. J’étais la première à penser qu’une grande toile ou qu’un grand support n’était pas pour moi. En effet je risquais de « gâcher » encore plus de papier ou de toile d’un coup! Mais voilà ce temps là est révolu… La fin des préjugés est arrivée.

Je dois d’abord remercier Kasia et Jamie d’Everything art pour leur travail dans Wanderlust 2017, ils se renouvellent chaque année et c’est fantastique! Kasia a proposé des cours en vidéo sur les petits et les grands supports cette année mais sur le coup je n’étais pas très emballée pour les grands formats… les événements suivants n’ont fait changé d’avis.

Préjugé #1 : « Le grand format, ça coûte cher. »

C’est quand je suis tombée sur du papier à dessin 50 x 65 cm (200g) chez Cultura à moins de 7€ les 25 feuilles, soit 0.28 € la feuille, que j’ai décidé de tenter l’expérience. Il n’est pas nécessaire d’acheter tout de suite une toile sur châssis même s’il en existe à des prix abordables. Ces grandes feuilles vont pouvoir me servir d’essai et si le résultat est à mon goût je pourrai les encadrer sinon les stocker facilement derrière un meuble.

Préjugé #2 : « Il faut avoir un atelier pour travailler sur un grand format. »

Une fois chez moi avec ces grandes feuilles, j’ai cogité un peu pour savoir quoi en faire et comment m’y prendre. Avant de commencer j’ai cherché un endroit pour installer mon support afin qu’il puisse y rester quelques jours afin de revenir plusieurs fois dessus. J’ai la chance d’avoir un bureau avec une petite table à roulette pour faire mes réalisations. Cette petite table a été parfaite pour tourner autour de ma grande feuille!

Me connaissant j’ai d’abord protégé la table et ses abords avec une grande bâche plastique (reste de la peinture des murs!).

Selon votre technique artistique, vous n’aurez pas besoin de faire sécher votre support ou d’y revenir plusieurs fois dessus. Une simple table aux dimensions du support peut donc suffire!

Préjugé #3 : « Il faut une grande quantité de matière pour couvrir un grand format. »

Sans trop vouloir me prendre la tête, j’ai décidé de finir mes encres en spray sur cette grande page pour faire un fond et voir où cela me mènerait. Et bien je n’ai pas réussi à finir toutes les encres que j’avais sorti! Et pire j’ai fait exprès des coulures d’encres sur les bords pour en finir quelques unes…

Par la suite j’ai utilisé un peu de gesso, de pâte de texture et des craies Gelatos. Et je n’ai pas particulièrement cherché à faire quelque chose en relief. Mais même en m’acharnant un peu sur mes craies Gelatos pour le motif centrale je suis bien loin de les avoir usées. Bref je n’ai pas vidé mes stocks sur un seul grand format!

Préjugé #4 : « Plus c’est grand et plus on y passe du temps. »

Oui et non! Tout dépend de la technique que vous utilisez et de la vitesse que vous avez pour la réaliser. Pour une première fois, j’ai cherché à faire un fond de page intuitif : cela peut-être très rapide! Sur un grand support, mes gestes sont plus amples mais tout aussi rapide que sur un format plus commun. Personnellement c’est le temps de séchage entre les couches (encres, gesso, encres…) qui a été le plus long.

Pour le motif central, je ne suis un peu cassée les dents sur la géométrie… mais sa réalisation avec les craies Gelatos a été un réel plaisir et rapide.

Préjugé #5 : « Plus c’est grand et plus il y a de détails à travailler. »

Encore une fois : pas forcément! Un grand format peut s’observer de loin comme de près. Vous pouvez opter pour un sujet qui s’observe plutôt de loin, dans ce cas il faut plus s’appliquer sur les grandes lignes des formes et les couleurs de remplissage. Les gestes pour dessiner deviennent naturellement plus amples et tout le corps participe à la création (et non seulement la main et le poignet!). C’est ce que j’ai  le plus aimé sur mon essai.

Mais vous pouvez choisir de faire un univers très détaillé qui s’observe aussi bien de près que de loin. J’avoue que ce n’est pas encore à ma portée pour le moment… L’avantage du grand format c’est que le choix vous appartient!

Bref…

Par cette expérience du support grande taille j’ai découvert une nouvelle possibilité créative. La façon de peindre, d’appliquer la matière sur le support sont différentes des formats plus petits (en plus j’ai tendance à rester debout tout le temps!) et cela permet d’explorer de nouvelles voies créatives. J’en ai fini avec les préjugés, ma devise : « il faut essayer pour se faire une idée! ».

A vos pinceaux, encres et pigments en tout genre sur grand support!

Et partagez votre expérience en commentaire.

Mon essai sur un papier 50×65